Oriane Hurard 11/07/2017

 
Il est loin, le temps où les seules séries à se mettre sous la dent en juillet-août étaient les fameuses sagas de l’été, Château des Oliviers, Indigo et compagnie. Désormais, Netflix et consorts ont définitivement enterré le concept de trêve estivale en lançant des nouveautés tous les jours ou presque.
Cet été, les webséries ne sont pas en reste et prennent même quelques libertés avec leur format d’origine. Après tout, ce sont les vacances !
Pour survivre à la canicule grâce à Internet, voici quatre séries qui n’en ont pas toujours l’air, à déguster au bord de la piscine ou près d’un ventilateur.
 

 

1- Bien débuter l’été en commençant sa « bucket list »

 

visuel Eté

© Bigger than fiction / Arte


 
Abel et Olivia s’aiment tellement qu’avant d’emménager ensemble et de s’engager pour de bon, ils choisissent de se laisser un été de liberté. Chacun de son côté, ils vont expérimenter, tester, (se) tromper… pour mieux se retrouver à la rentrée. Leur histoire est à découvrir en 60 épisodes diffusés quotidiennement. Un jour pour Abel, un jour pour Olivia.
 
Vous ne trouverez pas Abel et Olivia sur Youtube ou sur Netflix : Été est une bande dessinée numérique exclusivement diffusée sur Instagram. Chaque épisode a été conçu sur mesure pour le réseau social et sera publié sous la forme d’un album de 10 cases maximum, agrémenté d’une bande sonore originale et de quelques animations. Court et addictif, tour à tour drôle, coquin ou poétique, Été s’adapte à merveille à nos usages numériques tout en donnant quelques idées à ceux qui n’auraient encore rien prévu pour le mois d’août.
 
Écrit par Camille Duvelleroy, Thomas Cadène et Joseph Safieddine (Les autres gens), dessiné par Erwann Surcouf (Pouvoirpoint, Mars Horizon), le résultat est à découvrir sur le compte ete_arte qui compte déjà plus de 42 000 abonnés alors que le feuilleton vient de débuter. Prévue pour la rentrée, la fin du feuilleton réserve aux lecteurs une petite surprise…
Découvrez le premier épisode ici :
 

 

 
Été, un épisode par jour depuis le 29 juin, disponible sur Instagram
 

 

2- Se préparer à sous-louer son appartement

 

visuel The Superhost

The Superhost © Britta Thie, ARTE Creative

 
L’artiste contemporaine Britta Thie a encore frappé : après Translantics, satire du monde de l’art berlinois, elle s’attaque avec The Superhost à Airbnb, ce fléau responsable de la gentrification des grandes métropoles.
 
Preston et son coloc Sage sous-louent régulièrement leur appartement newyorkais via le site d’hébergement communautaire. Grâce aux étoiles que leur attribuent leurs hôtes, ils ont acquis le statut de « Superhost » et entendent bien le garder.
 
Composée (pour l’instant ?) d’un épisode unique, The Superhost n’est pas une série à proprement parler, mais se présente comme « a sitcom about the tragedy of rating ». L’œuvre reprend les codes du genre : filmée en direct lors d’une représentation au Kammerspiele de Munich, dans un décor unique et volontairement factice, elle s’accompagne des rires du public. Cynique et féroce sur notre mode de vie numérico-moderne, The Superhost se montre néanmoins tendre envers ses personnages – en témoigne le happy end qui semble, lui, tout droit sorti d’un soap opera.
 

 

 
The Superhost, 29 minutes, disponible sur ARTE Creative
 

 

3 – Apprendre l’histoire locale avant d’aller surfer

 

visuel websérie Biarritz Surf Gang

Biarritz Surf Gang © Studio+

 
Biarritz, Grande Plage, 1980. Le surf français s’est construit en partie grâce à une bande de potes biarrots, aimant la fête, la bagarre et le surf. Surtout le surf. En racontant leur histoire, Studio+ se lance dans la série documentaire et c’est une franche réussite.
 
Les réalisateurs Pierre Denoyel et Nathan Curren mêlent images d’archives en 16 mm, de superbes séquences animées (réalisées par le studio français Miyu Productions) et retrouvailles avec les héros de l’époque.
 
La Mouche, Eric, Michel, Sammy, Kikette et Nabo se remémorent, presque quarante après, de leur histoire débutée sur le sable à la fin des années 70. Leurs corps vieillis, leurs cheveux blanchis évoquent avec nostalgie la réminiscence d’un âge d’or disparu avec la professionnalisation de ce qui était pour eux plus qu’un sport, mais un art de vivre : « On vivait surf, on buvait surf, on chiait surf ».
 
Du début des années 80, quand la tendance « branleurs aux cheveux longs » gagne les championnats de France, jusqu’à aujourd’hui, où Quicksilver et autres sponsors ont conquis le « surf business », la série raconte 40 ans d’histoire de surf à travers le récit, drôle et authentique, de ses antihéros. La série n’éclipse pas non plus les dures années de drogue et d’addiction, de certains de ses protagonistes ; à commencer par Nabo, le narrateur, rescapé revenu de 25 ans de dope et survivant grâce à l’amour de la planche. Les surfeurs de Biarritz n’ont pas finalement tout perdu.
 

 


Biarritz Surf Gang , 10 épisodes de 4 à 7 minutes, disponible sur Studio+

 

 

4- Prolonger sa visite aux Rencontres photographiques d’Arles

 

visuel Iran #nofilter

Iran #nofilter © ARTE Creative

 
Si vous êtes davantage culture que plage, ARTE Creative a aussi une série pour vous. La série documentaire Iran #NoFilter s’intéresse à la jeunesse iranienne par le filtre de sa création photographique. Instagram – encore lui -s’impose ici comme un espace de liberté visuelle pour les jeunes Iraniens, mais aussi comme une fenêtre vers l’étranger.
 
Chaque épisode est consacré à un-e photographe repéré-e sur le réseau social, et part à sa rencontre ainsi qu’à celle de son travail. Les témoignages recueillis permettent de comprendre les motivations des photographes et les risques qu’ils prennent parfois.
 
Allant du plus futile (les soirées de la jeunesse dorée de Téhéran) au tragique (le reportage de Sadegh Souri dans un centre de correction pour mineures), la série capture ainsi le portrait générationnel d’un pays où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans.
 

 


Iran #NoFilter, 10 épisodes de 4 minutes, disponible sur ARTE Creative

 

 

 

 

avatar d'Oriane HurardSpécialisée dans le transmedia et les contenus interactifs, Oriane Hurard travaille pour plusieurs festivals (Festival Tous Ecrans, I LOVE TRANSMEDIA, Séries Mania) ainsi que pour des sociétés de production spécialisées dans les nouveaux médias. Elle écrit en dilettante, mais toujours avec passion, pour ARTE, Soap et le blog du Fonds des Médias du Canada à propos des séries TV et des nouvelles écritures. Retrouvez Oriane Hurard sur Twitter @orianehurard