Oriane Hurard 11/01/2017

 

Les meilleures webséries de 2016 que vous n’avez sans doute pas vues (et que vous devriez rattraper immédiatement)

Avec quelques jours de retard, nous sacrifions ici au traditionnel rite dont les médias culturels semblent se délecter à chaque fin d’année. Le top, exercice en soi, sert autant à se rassurer sur son (supposé) bon goût qu’à combler une période où les cerveaux désertent les rédactions. Avec un peu de retard et d’autodérision, donc, voici une sélection de six webséries, à visionner sans modération !

Simulated Dead People

Royaume-Uni, 4 x 5 min

C’est quoi ?

Fantasme de l’ère moderne : les morts reviennent à la vie, non pas en tant que zombies mais grâce à une simulation informatique. Amants, parents, enfants rendent visite à leurs chers disparus, presque aussi vrais que nature.
Un point de départ digne de Black Mirror.

Pourquoi on aime :

Dans une économie de moyens (décor épuré et unique) et de temps (4 épisodes seulement), la série parvient à nous happer au cœur de conversations intimes, bouleversantes ou triviales. Notre coup de cœur : le quatrième et dernier épisode, où un jeune veuf vient raconter ses derniers dates à sa défunte épouse.

Barber show

Konbini Originals, France, 13 x 4 min


Barber Show EP01 : Kanye West vs Jay Z par konbini

C’est quoi ?

Immersion dans un des nombreux salons de coiffure africains du quartier Château d’Eau, à Paris. Amis et clients s’y pressent et surtout s’y éternisent, devant la caméra du photographe Hugues Body-Lawson, pour des discussions oscillant entre profondeur et superficialité, de la drague à Kanye West. Il se murmure même que Vincent Cassel y serait venu se faire des tresses.

Pourquoi on aime :

Une bande-son digne de The Get Down, des personnages décapants, un décor à la fois proche et exotique, et le tour est joué : Barber Show est tout simplement l’une des œuvres documentaires les plus fun de l’année.

Le Bateau de l’enfer

ARTE Creative, France, 9 x 6 min

C’est quoi ?

Chaque année, 3000 métalleux du monde entier embarquent sur un paquebot pour une croisière satanique dans les Caraïbes. L’occasion rêvée pour découvrir une galerie de personnages hauts en couleur, filmés avec tendresse. Une série auréolée du Reflet d’Or de la meilleure websérie du dernier Festival Tous Ecrans, à Genève.

Pourquoi on aime :

La websérie porte bien son nom : dès le premier épisode, on est happé par l’énergie du « bateau de l’enfer ». L’enthousiasme de ses occupants finit par être communicatif et, bonus sur le gâteau, nous fait découvrir une culture peu souvent mise à l’honneur dans les médias traditionnels (ici, ARTE). Hell yeah !

Ladies Room

Y-Films, Inde, 6 x 10’

C’est quoi ?

Meilleures amies du monde, Dingo et Khanna partagent tout, même les toilettes. Et bien souvent, ça se termine mal, qu’il s’agisse de fumer un joint dans un train bondé ou de faire un test de grossesse dans une salle de bains qui prend l’eau. Six épisodes, six lieux d’aisance, et autant de situations qui partent en vrille : la comédie girly vue sous un nouveau jour.

Pourquoi on aime :

Immatures, vulgaires, complètement déchaînées : les filles de Ladies Room ne sont pas sans rappeler leurs consœurs newyorkaises Abbi et Ilana de Broad City ou Hannah et ses copines de GIRLS. Une série de plus pour nous rappeler la production frétillante des webséries made in India.

Hope and Randy

Two Trick Pony, USA, 6 x 3 min

C’est quoi ?

Deux adolescents tentent d’acheter des préservatifs pour leur première fois : Hope s’interroge sur la diversité de couleurs et de saveurs proposées, tandis que Randy tente de passer le plus inaperçu possible dans le magasin.

Pourquoi on aime :

Cuteness alert : on ne se souvient pas avoir vu pilote plus charmant cette année, tous supports confondus. Un argument supplémentaire ? Sous le nom du collectif des créateurs « Two Trick Pony », se cachent Tory Stanton et Scott McCabe, à l’origine de la série No Tomorrow diffusée depuis octobre sur The CW, et où l’on retrouve leur univers romantico-poétique.

La bande du skatepark

IRL (France Télévisions), France, 8 x 6 min

C’est quoi ?

Enzo, Liam, Orso et les autres : sept ados d’aujourd’hui, de 12 à 16 ans, filmés pendant dix mois dans leur skate-park, leur deuxième maison. Un seul espoir, pour tromper l’ennui : quitter ce no man’s land pour partir en virée à Barcelone, la capital du skate.

Pourquoi on aime :

Mea maxima culpa : on était un peu passé à côté de cette perle au moment du lancement de la plateforme IRL, dédiée aux écritures du réel, en fin d’année 2015. La documentariste Marion Gervais (Anaïs s’en va-t-en guerre) a transformé ces jeunes ados en bande à la Freaks and Geeks, touchante et hilarante à la fois. La suite, située à Barcelone, verra le jour prochainement sous la forme d’un documentaire de 52’.

Et aussi…

Ces webséries déjà évoquées dans les précédentes chroniques : The Skinny, target=_blank>target=_blankTank, Le Ball Trap, Charon, Aunty Donna : 1999, Horace and Pete, etc.

Oriane Hurard

 

 

avatar d'Oriane HurardSpécialisée dans le transmedia et les contenus interactifs, Oriane Hurard travaille pour plusieurs festivals (Festival Tous Ecrans, I LOVE TRANSMEDIA, Séries Mania) ainsi que pour des sociétés de production spécialisées dans les nouveaux médias. Elle écrit en dilettante, mais toujours avec passion, pour ARTE, Soap et le blog du Fonds des Médias du Canada à propos des séries TV et des nouvelles écritures. Retrouvez Oriane Hurard sur Twitter @orianehurard